Dijon séduit par son patrimoine exceptionnel et son art de vivre à la française. La capitale des Ducs de Bourgogne réserve bien des surprises aux visiteurs qui prennent le temps de s’y attarder. Entre palais Renaissance, ruelles médiévales et escapades dans les vignobles alentour, trois jours permettent de saisir l’âme de cette ville attachante. Voici un itinéraire pensé pour profiter pleinement de chaque instant sans courir d’un site à l’autre.
Pourquoi Dijon mérite-t-elle un séjour de trois jours ?
La capitale de la Bourgogne se dévoile lentement, comme un bon vin que l’on prend le temps de déguster. Trois jours permettent justement d’apprécier cette ville à son rythme, entre ruelles médiévales et palais Renaissance. Vous aurez le temps de flâner dans les cours intérieures des hôtels particuliers, de vous perdre dans les halles gourmandes et de rayonner jusqu’aux vignobles environnants.
Ce format de week-end prolongé évite la course contre la montre. Vous pourrez ainsi prendre un café en terrasse place de la Libération, admirer les toits vernissés sans précipitation et même prévoir une escapade œnologique. La ville compte plus de 97 monuments historiques classés sur seulement 40 km², ce qui en fait l’une des concentrations patrimoniales les plus denses de France.
Premier jour : le cœur historique et le Parcours de la Chouette
Commencez votre séjour par le fameux Parcours de la Chouette, un itinéraire de 22 étapes matérialisé au sol par des flèches en bronze. Cette balade de 3 kilomètres vous mène naturellement vers les sites incontournables. La petite chouette sculptée sur un contrefort de Notre-Dame attire tous les regards : touchez-la de la main gauche en faisant un vœu, c’est la tradition locale.
L’après-midi, plongez dans le Palais des Ducs et des États de Bourgogne. Les appartements des princes et la tour Philippe le Bon offrent un panorama exceptionnel sur la cité. Prévoyez au moins deux heures pour le musée des Beaux-Arts, l’un des plus anciens et des plus riches de France. Les tombeaux des ducs de Bourgogne valent à eux seuls le détour, avec leurs pleureuses sculptées d’une finesse remarquable.

Terminez cette première journée dans le quartier des Antiquaires, autour de la rue Verrerie. Les façades à colombages côtoient les enseignes d’artisans d’art. C’est le moment idéal pour dîner dans l’une des nombreuses tables qui proposent des spécialités bourguignonnes revisitées.
Deuxième journée : goûter à la gastronomie et au patrimoine religieux de Dijon
Le marché des Halles s’impose dès le matin du deuxième jour. Sous la structure métallique conçue par un élève de Gustave Eiffel, les étals regorgent de produits locaux : fromages d’Époisses, escargots de Bourgogne, pain d’épices maison. Les Dijonnais y font leurs courses depuis 1875, et l’ambiance reste authentique.
Quelques incontournables pour comprendre Dijon :
- La cathédrale Saint-Bénigne et sa crypte romane, vestige d’une ancienne abbaye du XIe siècle
- L’église Notre-Dame, chef-d’œuvre du gothique bourguignon avec son horloge à jacquemart datant de 1383
- La chartreuse de Champmol et le Puits de Moïse, sculpture monumentale de Claus Sluter
- Le jardin Darcy, premier parc public de la ville créé en 1880
L’après-midi peut se partager entre la Moutarderie Fallot à quelques kilomètres de Dijon et le musée de la Vie Bourguignonne. La première propose des ateliers participatifs où vous fabriquez votre propre moutarde, tandis que le second reconstitue des scènes de vie du XIXe siècle avec une collection d’objets fascinante.
Troisième jour : les vignobles et la route des grands crus de Dijon
La matinée du troisième jour vous emmène sur la mythique Route des Grands Crus. À seulement 15 minutes du centre-ville, vous entrez dans un autre univers. Les villages se succèdent comme un chapelet de noms prestigieux : Gevrey-Chambertin, Vougeot, Vosne-Romanée, Nuits-Saint-Georges.
Le Château du Clos de Vougeot mérite une halte prolongée. Cette ancienne propriété des moines cisterciens abrite aujourd’hui la Confrérie des Chevaliers du Tastevin. Les caves voûtées et les pressoirs monumentaux témoignent de siècles de savoir-faire viticole. Plusieurs domaines proposent des dégustations commentées, l’occasion de comprendre les subtilités des climats bourguignons.
Au retour vers Dijon, arrêtez-vous à Marsannay-la-Côte, seule appellation de Bourgogne à produire les trois couleurs de vin. Les vignerons y sont souvent plus accessibles que dans les villages ultra-touristiques, et leurs cuvées restent abordables tout en étant excellentes.
Où manger et dormir durant ces trois jours à Dijon ?
Côté hébergement, le secteur sauvegardé offre plusieurs hôtels de charme installés dans des bâtiments historiques. Les tarifs varient de 80 à 200 euros la nuit selon le standing. Les maisons d’hôtes dans l’hypercentre permettent de rayonner à pied sans utiliser la voiture. Pour les restaurants, comptez entre 15 et 25 euros pour un déjeuner, 35 à 60 euros pour un dîner gastronomique. Les bouchons bourguignons proposent une cuisine traditionnelle généreuse : bœuf bourguignon, œufs en meurette, jambon persillé. Les tables bistronomiques revisitent ces classiques avec créativité.
Trois adresses à retenir : la place Émile Zola pour ses terrasses animées, la rue Monge pour ses restaurants étudiants bon marché, et le quartier Montchapet pour ses établissements familiaux à l’écart du flux touristique.
Quelques conseils pratiques pour optimiser votre séjour à Dijon
La Dijon Card, valable 24, 48 ou 72 heures, donne accès aux musées et monuments avec des réductions dans certaines boutiques. Elle coûte 25 euros pour trois jours et s’amortit dès deux visites. Les transports en commun dijonnais fonctionnent bien, avec notamment la ligne de tramway qui dessert les principaux sites. Prévoyez de bonnes chaussures : le centre historique se visite exclusivement à pied, et les pavés exigent un minimum de confort. Les vélos en libre-service (DiviaVélodi) permettent de rejoindre rapidement les quartiers périphériques ou les villages viticoles proches.
Mai et septembre offrent les meilleures conditions climatiques, avec moins d’affluence qu’en juillet-août. L’automne revêt la ville de couleurs chaudes et marque la période des vendanges, particulièrement animée dans les vignobles. L’hiver dijonnais reste doux, et le marché de Noël s’installe traditionnellement place Darcy.

