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La crise économique touche tous les secteurs et toutes les tranches d’âge, c’est un fait. La Guadeloupe n’est certainement pas épargnée avec un taux de chômage élevé. À quelle échelle ? Environ 74 % de la population active a un emploi ce qui représente 125 000 personnes. Que font les 26 % restants et quelles solutions sont proposées pour réduire ce taux ?

 

Les chiffres

En décembre 2016, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A inscrits à Pôle emploi était de 55 770. Les hommes représentaient 24 660 personnes et les femmes 31 110. Même s’il est plutôt stable, depuis 2014, le taux de chômage des femmes est supérieur à celui des hommes et creuse même l’écart au fil des années.

D’un point de vue de l’âge, les moins de 25 ans comptaient 6 490 personnes, ceux entre 25 et 49 étaient 32 290 et les 50 ans et plus 16 990. En résumé, le chômage touche surtout les jeunes actifs, et dans la catégorie professionnelle, les ouvriers et les non-diplômés.

Fin 2016, les Demandes d’Emploi en Fin de Mois (DEFM) de catégorie A et ABC diminuent de 2,5% et 1,2% sur un an en Guadeloupe. Les 50 ans et plus sont les seuls à enregistrer une hausse de la DEFM (+3,7% et +4,8% en A et ABC) tandis que les demandes adultes (25 à 49 ans) diminuent, de 5,4% et 3,7% en A et ABC. La demande d’emploi de longue durée ABC (un an et plus) diminue également (-5,4% sur un an en ABC). La demande de très longue durée (deux ans et plus) connait une baisse moins importante (-3,1%).

 

Les offres

Selon la DIECCTE (Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) de Guadeloupe, toujours en 2016, l’emploi salarié privé augmente de 3,1 %. Suite à cette augmentation, le nombre de salariés du secteur public est de 74 079. Cette hausse concerne tous les secteurs, avec une plus importante évolution dans le domaine de l’agriculture d’à peu près 6,5 %.

L’intérim connaît une importante croissance, puisque le nombre de contrats signés augmente de 94,2 % et les DPAE (Déclarations préalables à l’embauche) progressent de 3,4 % sur un an.

Egalement sur un an, Pôle Emploi connaît une progression de 27,3 % sur le nombre d’offres d’emploi que ce service a collationné. Toutefois, l’IEDOM (l’Institut d’Émission d’Outre-Mer) note qu’à l’inverse, les offres non durables, inférieures à 6 mois, reculent de près de 20 %.

Les licenciements économiques sont en baisse, puisqu’au 1er trimestre 2016, Pôle Emploi en a comptabilisé 332, soit une baisse de plus de 20 % sur un an.

7 922 contrats relevant des politiques de l’emploi ont été signés en 2016 en Guadeloupe, à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. La majorité dans le secteur non marchand. Le CUI-CAE (Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi) est le premier contrat aidé localement.

 

Les solutions

La Région Guadeloupe soutient également les entreprises, dans le but de préserver les emplois et encourager la création d’autres comme avec l’ARICE, l’Aide Régionale à l’Investissement et à la Création d’Emploi. Dans son Schéma Régional de Développement Economique (SRDE) adopté en 2006, la collectivité régionale met avant la nécessité d’aller plus loin dans les dispositifs d’emploi pour favoriser le développement économique du territoire. La Région Guadeloupe accompagne la création d’emplois par le biais de plusieurs formes comme des emplois tremplins, emplois d’avenir ou encore stages régionaux en entreprise. Elle vise notamment à faciliter l’accès au travail pour les publics les plus éloignés de l’emploi.

D’autres aides sont possibles comme avec Pôle emploi et l’ARCE, l’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise qui permet aux futurs entrepreneurs d’obtenir 45 % de leurs allocations au début et six mois après le début de celle-ci.

Vous pourrez également trouver le pacte de responsabilité et de solidarité pour l’emploi des jeunes en Guadeloupe qui est un dispositif unique en France. Depuis sa mise en œuvre, il a permis à plus de 700 jeunes de signer un contrat de travail. Il a été signé entre l’État, la Région, le Département et l’Union des entreprises de Guadeloupe (UDE-MEDEF) en octobre dernier. La mobilisation de tous les signataires de ce pacte a déjà permis de dépasser les objectifs fixés puisque les entreprises de l’archipel ont procédé à plus de 700 embauches. En octobre, lors de sa visite en Guadeloupe, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a souhaité que l’année 2016 se termine avec plus de 1 000 contrats signés. « Vous pouvez compter sur mon appui, a-t-elle dit, je débloquerai 300 contrats supplémentaires, sous réserve qu’ils soient conclus sous la forme de CDI ». 

Ce pacte est unique en France. Mis à part les entrepreneurs, il mobilise les compétences de la DIECCTE, Pôle Emploi, la Mission locale, Cap Emploi et Initiative Guadeloupe. Son objectif est de faciliter les démarches d’embauche et permettre aux entrepreneurs de recruter des jeunes jusqu’à 30 ans avec une exonération totale des charges sociales, salariales et patronales, dans la limite d’un salaire allant jusqu’à 2,5 SMIC. C’est dans cette optique qu’un guichet unique a été mis en place sur des missions d’accompagnement RH, administratif et de conseil pour un soutien et une information aux chefs d’entreprise sur toutes les mesures du pacte pour l’emploi des jeunes. Une équipe composée de 35 conseillers de Pôle emploi et 17 agents de la Mission locale et Cap Emploi renforce le dispositif, au contact direct des entreprises. Cette organisation permet de centraliser les traitements au sein de Pôle Emploi pour permettre une instruction des dossiers de recrutement dans les 8 jours.

 

Malgré des initiatives de la part de la Région ou de Pôle emploi, le taux de chômage reste préoccupant en Guadeloupe. Certains jeunes se sentent abandonnés car après avoir fait des études et avoir l’envie de travailler, on leur refuse ce droit. Avant de trouver des solutions d’un point de vue régional, c’est d’abord le nouveau gouvernement qui aura un challenge à relever afin d’inverser cette courbe.

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