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Malika Tirolien est une artiste complète : elle est auteur, compositrice, chanteuse, interprète, pianiste, joueuse de tam tam. D’origine guadeloupéenne et québécoise d’adoption, cette femme au parcours inspirant est un véritable retour aux sources, à une simplicité de valeurs essentielles, trop souvent mise de côté dans Notre monde moderne. Un rayon de soleil , une bouffée d’air frais…

Pour le coup, on a vraiment à faire à une artiste qui, peut être inconsciemment, renoue avec les « devoirs » des poètes ancestraux qui s’appliquaient à mettre en lumière des réalités auxquelles on ne prêtaient plus attention, obscurcies dans le quotidien. Il les révélaient ensuite sous un nouveau jour afin d’illuminer la vue au public auparavant aveugle.

Pour la petite histoire, Malika Tirolien est marie-galantaise et la petite fille du célèbre poète guadeloupéen Guy Tirolien, un homme illustre qui participa au mouvement de la négritude avec Aimé Césaire,.
« Salut terre matée, terre dématée ! // Ce n’est pas le limon que l’on cultive ici, // ni les fécondes alluvions. // C’est un sol sec, que mon sang même // N’a pas pu attendrir, // Et qui geint sous le soc comme une femme éventrée. » *extrait du poème Redécouverte

Dans sa jeunesse Malika suit des cours classiques de piano. C’est pendant son adolescence, qu’elle se découvre une passion pour le gwo ka et le gospel. Elle rejoint alors le groupe Trio K, créé par son père et sa belle-mère. C’est une formation composée de trois voix de femmes accompagnées en arrière plan par les « Ka », les gros tambours traditionnels guadeloupéens. En 2001, le groupe sort un album, c’est pour elle sa première expérience studio. Un moment marquant pour elle.

Après avoir décroché son baccalauréat, elle s’installe à Montréal, une ville à l’accoutumé qui remporte un franc succès chez les antillais expatriés. Elle débute des études de jazz à l’université. C’est dans la ville qu’elle rencontre le collectif Kalmunity Vibe, véritable perso artistique influent au Québec. A partir de cette source de talents, une sorte de bibliothèque où choisir ses musiciens, elle peut aisément constituer sa propre équipe musicale. Avec son groupe « Brown » elle se produit dans divers endroits. C’est au club Lambi, où elle fait la première partie du groupe Snarky Puppy. Un coup de foudre mutuel s’opère. Ils adorent le style de Malika. La chanteuse est fan d’eux. Snarky Puppy est en fait un groupe de jazz fusion basé à Brooklyn. Cette incroyable soirée débouche alors sur collaboration, elle part en tournée avec eux à New York. Malika est aux anges. En 2013, on la retrouve sur l’album du groupe « Family Dinner » (volume 1), avec la chanson « I’m Not The One ». Au passage, ils raflent en janvier 2014 le Grammy Award de la meilleure prestation R&B avec la chanteuse Lalah Hathaway pour le titre « Something ».

Malika Tirolien a également travaillé avec Coral Egan, le Cirque du Soleil et aussi la chanteuse célèbre Lara Fabian, qu’elle décrit comme très humble et talentueuse. En 2014, elle participe à trois festivals de jazz majeurs en Europe. Tout d’abord, au Nice Jazz Festival le 9 juillet, puis ensuite au Lugano Jazz Festival en Suisse le 11, et enfin au North Sea Jazz Festival de Rotterdam aux Pays-Bas le 12. Le 26 juillet, elle poursuit et joue au Festival Latinidades à Brasilia au Brésil. Avant de s’envoler vers d’autres horizons. Malika adore les voyages avec ses musiciens, elle parcourt le monde et s’enrichit d’expériences. En passant par Toronto, l’Indonésie, Cuba… Le voyage a une grande importance pour elle, car c’est une source abondante d’apprentissage de partage de culture.

Son 1er album « Sur la Voie Ensoleillée » arrive sur le tard, mais est gorgé d’influences en tout genre. De belles compositions déclinées par une voix profonde et maîtrisée, sur une rythmique éclectique mêlant harmonieusement jazz, soul et hip hop, sans omettre « quelques épices caribéennes ». Dans ce premier opus, Malika renoue avec ses racines guadeloupéennes et africaines, qu’elle tentait désespérément jusqu’à là de retrouver. Elle veille à chanter en créole le plus souvent possible. Elle confit que la Guadeloupe, à ses yeux, est trop porté sur l’extérieur. L’archipel nourrit parfois un complexe de trop glorifier d’autres cultures par rapport à la sienne. La musique noire américaine et les Etats-Unis ont eu peut être avec le recul une trop grande influence. Une réflexion partagée par la nouvelle génération antillaise qui tend à redorer l’image de la Caraïbe.
Son premier album solo, elle y a toujours songé mais toujours à la recherche du temps, ce n’était qu’une question de timing. Il y a eu plusieurs occasions avortées, mais fructueuses car cela lui a permis de grandir beaucoup musicalement.

Pour le titre, Malika Tirolien s’est inspirée de ses lectures. A ce moment là, elle lisait beaucoup de lire sur l’importance du chemin, à privilégier sur la destination finale. Il faut savoir savourer le moment présent, car l’anticipation dans le domaine musical, lui a parfois fait défaut. Le chemin, « la voie » est pour elle, une synthèse d’expériences de vie, comme « une longue promenade pleine d’amour », de soleil, de lumière. L’artiste se focalise sur le bien, celui des autres et le sien. Avant chaque montée sur scène pour performer, elle essaie de se recentrer sur elle, de faire le vide.

 

Ce qu’elle vit en ce moment, elle en parle avec fierté et passion, elle en a rêvé. A-t-elle d’autres projets à réaliser ? Oui bien sûre ! Elle songe encore à plus de voyages, de musique, un autre album ; mais avant tout à des choses simples : plus de paix et de temps en règle générale comme à titre personnel. L’harmonie est pour elle, une connexion primordiale entre les humains. Pouvoir vivre de son art est une bénédiction passionnante, même dans la difficulté elle n’en tient pas compte tant Malika Tirolien vibre pour la Musique. Cela se ressent et ça fait du bien aux oreilles !

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