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Don Miguel dit avoir commencé « comme tout le monde » en écoutant des disques chez lui. Puis un beau jour, il fait la rencontre de Daddy Harry qui était déjà reconnu depuis longtemps dans les Sound Systems antillais (R.I.P décédé le 20 juillet 2012). De cela naît une collaboration à trois voix, avec lui, Daddy Harry et une chanteuse qu’il connaissait auparavant. Il ne figura que sur l’intro du morceau mais son talent est déjà perceptible.

Don Miguel, producteur et fondateur du premier label antillais spécialisé reggae-dancehall, le désormais mythique Don’s Music, toujours actif 20 ans plus tard !

Les années 92 et 93 sont synonymes de succès et signent le début de la reconnaissance en tant qu’artiste pour Don Miguel. Ensemble les deux hommes réalisent deux albums « Daddy Harry / Don Miguel ». En 1993, il produit et sort l’album « Martinique Dancehall », puis en 1994, il monte son label « Dancehall Party » sur lequel on retrouve la combinaison avec Kossity « Vanessa ». L’année qui suit, en 1995, il produit Daddy Pleen ‘Docteur Charly’, qui fait un carton. En 1996, ce fut au tour des Ruff Negg. En 1997, est paru Ruff Negg (le Volume 2) puis Ruff Negg Maron.

Il se lance ensuite dans la sortie de compilations, les « Dons Party », qui regroupent des sons jamaïcains et francophones. Le volume 2 accueille pour la première fois des artistes ‘lokal’. Daddy Mory, Saik, Admiral T et Yaniss Odua posent sur le Creepers Riddim et leurs sons deviennent des classiques de manière quasi instantanée. On se souvient aussi avec émotion du « Dancehall Clash vol 1 » de Dj Halan et son fameux  Hum riddim. Dans des compilations plus larges, il réalise Socca Fever, Dj Jeff et le best of « Dons Collector ».

En 1997, il produit le premier clip de Captain Barkey sur le riddim Uppark Camp : « ManYard ». Le premier medley avait été sur le Undawatta riddim, puis sur le Latino medley. Il a donc à son tour décidé de produire le Lightning riddim, essentiellement pour des raisons économiques. Il a également réalisé ce medley pour remplacer la présence des artistes. Le clip réunit un panel de grands artistes tels que Sean Paul, Elephant Man, Christopher, Delly Ranks, Hawckeye, Wayne Marshall.

En 1998, Don Miguel sort « Dancehall News », une émission tv en Martinique, un format de 26 minutes comme un magazine, comprenant 6 clips, dont cinq clips jamaïcains et un clip local. C’est un petit échec sur le plan financier, mais il permet l’arrivée en masse d’un nouveau style de reggae aux Antilles « le reggae spirituel » c’est un véritable tournant ! Un genre musical qui à la base a été insufflé par Typical Féfé avec le titre « Il Sauve », ayant remporté un large consensus. S’en suit également le morceau « Ils s’éternisent » de Sael, qui s’inscrit dans la continuité et accrédite ce nouveau style. En 2001 c’est au tour du clip meddley Dolly House riddim de voir le jour, avec la présence de Red Rat, Capleton, Elephant Man, Hawkeye et Danny English.

Cette musique, souvent nourrie de messages engagés aussi bien sur le politique (au sens large) que spirituel, a suscité à l’époque un élan chez les Antillais qui a renforcé leur foi. C’est Don Miguel qui le souligne lui-même au cours d’une interview de 2002 pour ‘ReggaeFrance’ « Ce nouveau lancement a mis tout le monde d’accord sur le reggae, les gens sont très purs aux Antilles et les gens se sont retrouvés devant la Genèse de la Bible. La musique a réuni les gens autour du christianisme ». Pour lui, cela a grandement favorisé l’exposition de Sael avec son clip. Une découverte fructueuse pour le label, qui n’attend pas pour se faire connaitre, les Antillais adhèrent très rapidement à ce nouvel artiste prometteur.

Alors qu’à l’époque, on était plus focalisé sur Féfé Typical, Sael s’est imposé à la place de challenger. « Nous cherchions pour notre label un artiste ‘pas chiant’ et talentueux. Les chiants il y en a beaucoup, les talentueux il y en a beaucoup, mais pas chiant et talentueux il n’y en a pas beaucoup. C’est un artiste qui est versatile, qui peut parler de choses spirituels et de choses de la vie courante. » a-déclaré Don Miguel amusé à propos de son poulain. Il confie que le titre « Le producteur », a été inspiré à Sael après une remarque de Don qui le mettait en garde sur le fait qu’il n’écrivait pas assez. Mis en avant, son protégé avait de prime abord été pré-senti afin de réussir face à un public essentiellement métropolitain. Cependant, il buzz également dans le monde caribéen.

Plus attiré par le business et les jeux de relations, c’est tout naturellement que Don Miguel a abandonné sa carrière de chanteur pour se consacrer pleinement à l’aspect de producteur« J’ai toujours aimé regarder le verso des pochettes. » dit-il. Son secret dans ce domaine… Pour commencer, un bon traitement des artistes au sein du label mais également avoir du nez pour dénicher les titres à succès. Enfin, il faut savoir bien s’entourer en allant de l’infographiste, aux assistants, en passant par les musiciens, jusqu’aux programmateurs.

Sa devise : avancer sans jamais rentrer dans la facilité, ni se donner une image « de vendu » ou commerciale, pour que l’image et la sensibilité de son label soit respectée.

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