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A la découverte de Grand’Rivière !

 

Dans un cadre insolite, loin de tout, tout au nord de la Martinique, bordé de falaise face à l’océan Atlantique souvent agité, Grand’Rivière est un bourg animé par son importante communauté de pêcheurs. Malheureusement en 2010, son charme d’antan fut entaché par l’arrivée d’un nouveau port et d’une grande digue en béton. Néanmoins, Grand-Rivière abrite de nombreux coins de nature où il fait bon se promener, s’évader… Il y règne une atmosphère calme et paisible.

Avec seulement 531 habitants, cette petite commune de pêcheurs au pied de la montagne Pelée est la commune la moins peuplée de la Martinique. Limitée à l’est par Rivière Potiche au-dessus de laquelle on trouve le plus long et haut pont de l’île, le pont métallique (longueur de 67 mètres et d’une hauteur de 5,7 mètres). Depuis 1963, il relie la commune au reste de l’île. Un second pont, plus petit, à l’architecture similaire passe la Grande-Rivière. Situé à l’Ouest, cette fois-ci, on trouve l’anse Dufour ; ainsi qu’au nord le canal de la Dominique d’une largeur de 35 km.

Grand’Rivière est au cœur d’une vallée, de ce fait le relief est souvent source d’accidents. La route qui y mène est escarpée. La côte présente des caps : cap Saint-Martin… et aussi des anses : anse Dufour, anse du Débarcadère, anse de la Bagasse. La région voisine est quant à elle très montagneuse avec le morne Balata, le morne Tique, ou encore le morne Citron. La végétation y est dense et luxuriante.

Situé face au canal de la Dominique, le petit bourg de Grand’Rivière a pendant longtemps été très difficile d’accès. Avec comme seule et unique voie de communication : la Mer. Isolée et encadrée par de hautes falaises, c’est une commune tranquille qui se consacre encore aujourd’hui à la pêche. Les vas et viens des pêcheurs rythment la vie quotidienne. Sur la plage on aperçoit également un nombre faramineux de gommiers alignés les uns à côté des autres.

Le bourg se trouve érigé en arc de cercle autour du port. Les jolis pavés de la rue principale nous conduisent devant l’église et le marché couvert. Quelques mètres en contrebas, il y a la plage et ses cabanes de pêcheurs… En haut du port, on trouve un agréable petit restaurant Chez Tante Arlette qui propose des spécialités cajun et créoles, accueillant souvent des randonneurs en pause. En effet, Grand’Rivière est propice aux marches pédestres. On peut emprunter le sentier qui relie le Prêcheur à Grand’Rivière qui longe la côte nord caraïbe. Une escapade recommandée mais qui se mérite.

Si on fait un petit saut dans le temps pour connaitre l’origine de Grand’Rivière, le bourg tire son nom de sa fondation sur la rive gauche de la Grande Rivière, à la fin du XVIIe siècle. Les jésuites décident alors d’y installer une chapelle. En 1837, un décret rend Grand’Rivière et Macouba dépendantes de Basse-Pointe, elles forment ensemble les trois la « commune du Nord ». En 1845, la commune du Nord est dissoute lorsque Macouba est érigée en commune. Grand’Rivière dépend alors de Macouba. En 1852, son éloignement enclenche la création d’un poste de gendarmerie, par le contre-amiral Vaillant, gouverneur, à l’époque, de la Martinique. Enfin en 1888, Grand’Rivière est reconnue comme commune à part entière. Elle fait alors partie du canton de Basse-Pointe et de l’arrondissement de Saint-Pierre. Le 20 mai 1888, Théophile-Anatole Rémilien devient ainsi le premier maire de Grand’Rivière.

Le 25 juin 1940, la Martinique est dès lors administrée par l’amiral Robert. Grand’Rivière devient alors une des plaques tournantes de la résistance martiniquaise. En 1942, un représentant de l’amiral Robert en compagnie de l’archevêque se rendent à Grand’Rivière dans le but de remplacer des drapeaux républicains par des croix. Un changement qui n’eût pas lieu car c’était sans compter sur les habitants, les Riverains. On assiste alors à une rixe entre les partisans de Robert et ses adversaires. Grand’Rivière apparaîtra tout au long de cette période comme une commune de résistants. Sa situation géographique a longtemps facilité le trafic en tout genre et le marché noir. Beaucoup de soldats ont risqué leur vie, partant de Grand’Rivière pour essayer de rejoindre les Alliés.

On comptait quelques incidents fâcheux entre douaniers et contrebandiers soutenus par la population riveraine. Agacé l’amiral Robert décida de créer un poste de douane en charge de régulariser les expéditions et les réceptions de marchandises. En 1945, La Libération et la victoire des Alliés sont accueillies par des mouvements de joie du peuple en fête !

Enclin à découvrir ce bourg au passé courageux et mouvementé, venez visiter les lieux phares de Grand’Rvière :

 

  • Le Canal de Beauséjour qui fut construit à la main par les esclaves ; il était destiné à l’époque à l’alimentation en eau de l’ancienne distillerie.

 

  • L’Habitation Malakoff, c’est un des vestiges de l’ancienne Habitation, dans le temps, productrice de cacao et café. Aujourd’hui, on y produit encore des cultures vivrières.

 

  • L’Habitation Fond Moulin où il subsiste quelques vestiges de l’esclavage.

 

  • Baladez-vous dans le quartier de La Lave qui a été témoin de la coulée de la lave qui, lors de l’éruption de la montagne Pelée en 1902, avait été en partie recouvert. On peut y voir sortir de terre quelques très grosses pierres volcaniques.

 

 

Bref, Grand’Rivière, une commune riche d’eau, de culture et d’Histoire !

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